Composition musicale....Fabrice Planquette
Scénographie...................Pàl Frenàk
Costumes .........................Pàl Frenàk
Conception vidéo ............Jean-Sébastien Leblond Duniach
Son......................................Attila Hajas
Interprètes .......................Viktoria Kolozsi
.............................................Johana Mandonnet
.............................................Nelson Reguera
.............................................Guillaume Saunier-Martinez
Régie Lumières et son...Janos Marton
..............................................Attila Hajas
Photographies.................Tamas Leko
.............................................Clément Saccomani
FRISSON
« Qui lutte avec des monstres doit veiller à ne pas devenir un monstre lui-même.
Et si tu regardes longuement dans l'abîme, l'abîme finit par regarder en toi. » Friedrich Nietszche
Inlassablement, Pàl Frenàk poursuit son exploration des instincts, d'une mémoire irréductible des corps entre obscurité et luminescence. Une pièce sur le pouvoir de la métamorphose des êtres qui donne à voir un monde qui se prêtent au manipulation et au dédoublement. Frisson est une chorégraphie livrée à de nouveaux espaces : l'inframince, les frontières, les pourtours, la surexposition sur les corps des danseurs magnétisés au sol. Le chorégraphe y débusque des figures de phantasmes comme des fantômes à la fois amoureux et destructeurs. Il donne à voir les instincts secrets et contraires affirmant l'identité de ses personnages. Ils sont quatre danseurs et autant de variations autour de la figure du couple. Sur un dispositif en pente, les mouvements semblent irradier comme doté d'une intelligence autonome. Ils sont quatre étranges messagers comme issus d'un lieu oblique aussi illusoire que tangible, soutenu par un dispositif vidéo. Chacun est à la recherche de son double spirituel/charnel, chacun aspiré par cette surface qui transfigure : tel est l'abîme rendu visible. La machine à frisson est lancée, implacable, incarnant tant le manque d'air, le grain de folie que l'impudeur d'une beauté convulsive.
De spirales en dérapages, tout ce qui remonte à la surface visible joue des tours, ne se laisse pas dompter. La danse se déploie et se replie avec un mélange de sensualité trouble sur une musique électronique lancinante de Fabrice Planquette.
Pàl Frenàk engendre ainsi des effets inattendus en s'inspirant du poète hongrois Mathyas Varga : « c'est un jeu sur le bizarre, sur les fragments du corps à rassembler qui se perdent en mille morceaux dans l'univers » tandis que les éclairages « ouvrent un espace pour la naissance, la douleur des fantômes ».
C'est un théâtre de la cruauté qui se dénoue curieusement par une magistrale anthropométrie sur les paroles d'une chanson joviale : « tu veux ou tu veux pas ? Si tu veux pas j'en ferais pas une maladie ! ». Délibérément Frisson est un refus de s'en remettre à la fatalité. Ainsi commence la résistance, par ce qu'il y a de plus profond : la peau et la chair de poule.
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